Saint Dominique et la force de la Parole de Dieu
Dominique est né en Espagne (Vieille Castille) aux environs de 1170 ; pendant ses études pour devenir prêtre, c’est un étudiant sérieux et austère, mais très touché par les difficultés des gens. Il est plein de miséricorde et de compassion. Un hiver, une grande famine s’étend sur toute la région. Les pauvres en grand nombre meurent de faim. Dominique ne peut rester indifférent à toute cette misère. Emu par la détresse de ces pauvres gens, il vend les livres qu’il possède et qui lui sont fort utiles en disant. «Je ne veux pas étudier sur des peaux mortes tandis que des êtres humains meurent de faim ».
Traversant le sud de la France lors d’une ambassade au Danemark, il découvre l’hérésie cathare qui le bouleverse. A partir de 1206, sur la demande du pape Innocent III, il va, à pied, sur les routes de la région de Toulouse pour prêcher, exhorter les populations par la seule force de la Parole (à Montréal une « disputatio », sorte de colloque public, entre catholiques et cathares dura deux semaines). Dès 1207, il réunit à Prouilhe près de Fanjeaux une première communauté de femmes cathares converties. Alors que toute cette région va connaître la guerre (la croisade des albigeois de 1209 à 1224), Dominique s’illustre surtout par sa douceur et sa charité envers ses adversaires ; sa mission est une mission de paix.
En 1215, avec l’accord du pape il fonde à Toulouse "l’Ordre des Frères Prêcheurs". Il demande à ses frères qu'ils vivent eux-mêmes cet Evangile dont la prédication leur est confiée, en communauté fraternelle et dans la pauvreté itinérante.
Lorsqu'il meurt, le 6 août 1221 en Italie à Bologne, il a déjà rassemblé plusieurs communautés de femmes à Rome, Madrid, Bologne et dispersé ses premiers compagnons dans les grandes villes universitaires d'Europe (Paris, Ségovie, Bologne, Rome).
Il sera canonisé en 1234.
Quelques uns de ses frères et sœurs furent également des êtres d'exception. L'histoire a retenu leurs noms : Thomas d'Aquin, Albert le Grand, Catherine de Sienne, Henri Susco, Rose de Lima, Las Casas, Fra Angelico...
Aujourd'hui encore, les sœurs et les frères de l'Ordre Prêcheur tentent de garder ce don d'humanité et ce souci d'annoncer la vérité de l'Évangile à leurs contemporains.
Actuellement dans le monde, il y a environ 7 000 frères, les sœurs sont beaucoup plus nombreuses, près de 40 000.
Charles de Montalembert
Charles de Montalembert est né à Londres en mai 1810 d'un père français et d'une mère écossaise. De sa petite enfance passée en Grande Bretagne, il conservera toute sa vie une admiration pour les institutions parlementaires britanniques.
En 1819, il est à Paris où il fait ses études.
En 1831, il est nommé Pair de France, admirable orateur parlementaire, royaliste et catholique. Avec son ami Lacordaire, Dominicain, et le prêtre éminent Lamennais, ils fondent le journal " L'Avenir " dans lequel ils revendiquent :
1. la liberté de conscience ou de religion, et la séparation de l'église et de l'Etat. Pour Montalembert, la compromission entre le pouvoir et l'église est à l'origine du rejet de cette dernière.
2. la liberté d'enseignement. Sans la liberté d'enseignement, le gouvernement devient le maître des consciences. Le 9 mai 1831, Montalembert ouvre une école sans autorisation, elle est fermée le lendemain, mais le procès qui suit lui permet de développer ses idées.
3. la liberté de presse. Elle est une simple extension de la parole. Elle ne peut donc être soumise à aucune entrave, quand bien même elle deviendrait licence.
4. la liberté d'association qui permet de lutter contre l'individualisme " cause de toutes nos souffrances ", mais qui est la base naturelle de toute organisation politique qui se veut partir de l'homme. Il est dans la nature humaine de se rapprocher.
L'encyclique " Mirari vos " promulguée par le Pape Grégoire XVI condamne ces idées et ces doctrines nouvelles, condamnation qui provoque en eux un dur combat spirituel.
Malgré les changements de régime, les oppositions, les secousses diverses, Montalembert, leader des catholiques, participe de façon importante à la reconnaissance de la liberté de l’enseignement secondaire qui est votée le 15 mars 1850.
C’est la loi Falloux qui reconnaît deux sortes d’écoles, les écoles publiques, fondées ou entretenues par les communes, les départements ou l'Etat ; les écoles libres, fondées ou entretenues par des particuliers ou des associations.
Montalembert est l’inspirateur, le défenseur acharné de cette loi qui n’aurait pu voir le jour sans lui. Il meurt le 13 mai 1870.